# Carte à tuiles XYZ (image `lidar-maps`) Carte « slippy » classique — même schéma de tuiles que Google Maps et **OpenStreetMap** — servie par une image légère dédiée. Les rendus du pipeline deviennent ainsi un **fond d'imagerie réutilisable** dans JOSM, iD, QGIS, uMap, MapLibre ou OsmAnd, en plus de l'interface de consultation fournie. Elle coexiste avec la webapp historique (port 8973), sans rien lui changer : même dossier `output/`, génération et export restent là-bas. ```bash docker compose -f docker-compose.maps.yml up -d --build # http://localhost:8975/ docker compose -f docker-compose.maps.yml logs -f maps ./run.sh --serve-maps # équivalent en conteneur au premier plan ``` ## Contrat de tuilage | Point | Valeur | |---|---| | Projection | EPSG:3857, schéma XYZ OSM (origine nord-ouest, `y` vers le sud) | | URL canonique | `/tiles/{couche}/{z}/{x}/{y}.png` — 256 px, PNG RGBA | | Variante haute densité | `/tiles/{couche}/{z}/{x}/{y}@2x.webp` — 512 px (interface interne) | | Zooms | 5 → 19 natif (0,2 m/px ≈ z19 en France) ; au-delà, sur-zoom côté client | | Hors emprise | tuile entièrement transparente (superposable), en-tête `X-Tile-Empty: 1` | | En attente (cache seule) | tuile transparente, en-têtes `X-Tile-Empty: 1` + `X-Tile-Pending: 1`, jamais mémorisée par le navigateur | | CORS | `Access-Control-Allow-Origin: *` sur `/tiles/*` | | Attribution | `LIDAR_ATTRIBUTION`, défaut « LiDAR HD © IGN — Licence Ouverte 2.0 » | Découverte : `/tiles/{couche}.json` (TileJSON 3.0.0), `/tiles/wmts.xml` (WMTS 1.0.0, grille `GoogleMapsCompatible`), `/tiles/josm.imagery.xml` (toutes les couches d'un coup dans JOSM). ## Utiliser les tuiles ailleurs - **JOSM** — *Imagery → Imagery preferences → + TMS*, coller `http://:8975/tiles/slope/{zoom}/{x}/{y}.png`. Pour tout ajouter d'un coup : *Imagery preferences → Offline/Custom → Add imagery source XML* avec `http://:8975/tiles/josm.imagery.xml`. - **iD** — *Fond de carte → Personnalisé*, coller `http://:8975/tiles/slope/{z}/{x}/{y}.png`. - **QGIS** — *XYZ Tiles → Nouvelle connexion* (même URL, zoom max 19), ou *WMS/WMTS → Nouveau* avec `http://:8975/tiles/wmts.xml`. - **uMap / MapLibre / Leaflet** — même gabarit XYZ, ou le TileJSON. - **OsmAnd** — source de tuiles en ligne, gabarit XYZ, zoom max 19. Le bouton **« Utiliser dans JOSM / QGIS »** de la carte affiche et copie ces URL pour la couche choisie. ## Pile de couches Chaque couche du panneau porte trois réglages, tous persistés et transportés par le lien de partage : - **ordre** — poignée ⠿ en glisser-déposer, ou boutons ▲▼ (les seuls utilisables au doigt). La liste est encadrée par « Haut de pile — devant » et « Bas de pile — derrière ». Pendant un glisser, la destination est explicite : la ligne tirée s'estompe et une **barre d'insertion** marque le point de chute, au-dessus ou en dessous de la ligne survolée selon la moitié visée ; à l'arrivée, la couche déplacée clignote brièvement et est ramenée dans le champ de vision ; - **opacité** — curseur par couche ; - **mode de fusion** — `mix-blend-mode` CSS : Normal, Produit, Écran, Superposé, Doux, Lumière crue, Différence, Luminosité. La superposition ne se réduit donc pas à de la transparence : « Produit » pose un ombrage sur une rampe de couleur sans la délaver, « Superposé » creuse le contraste local, « Différence » fait ressortir les écarts entre deux couches. ### Figer la configuration Le bouton **★ Définir par défaut** enregistre l'état courant — ordre, couches allumées, opacités, modes de fusion, fond de carte et fusion de la pile — dans `output/.map-defaults.json`. Tout navigateur sans réglage local part alors de cette configuration ; **↺ Réinitialiser** oublie l'état local et y revient. ```bash curl http://localhost:8975/api/map/defaults # configuration servie curl -X DELETE http://localhost:8975/api/map/defaults # retour au registre ``` Sans fichier enregistré, les défauts viennent du registre du pipeline (`DEFAULT_LAYERS`, `DEFAULT_OPACITY`, `DEFAULT_BLEND` dans `index.py`). Les valeurs reçues sont filtrées : couches inconnues écartées, opacités bornées à 0–1, modes de fusion validés. Les couches LiDAR vivent dans un conteneur **isolé** (`isolation: isolate`) : les fusions agissent entre elles, jamais sur le fond de carte à travers les zones sans donnée. La fusion de la **pile entière sur le fond** se règle à part, en bas du panneau. > **Licence** — LiDAR HD est diffusé sous **Licence Ouverte 2.0** : > l'attribution IGN est obligatoire et doit rester visible chez le client. > Avant d'utiliser ces rendus comme calque de **saisie** dans OpenStreetMap, > vérifier la position de la communauté (OSM-FR) sur la source concernée. ## Comment une tuile est fabriquée 1. L'emprise de la tuile est convertie en Lambert 93 (échantillonnage 5×5 du contour : les bords ne sont pas droits en L93). 2. Les dalles de 1 km qui l'intersectent sont retrouvées par leur nom (`LHD_FXX_{col}_{row}` → X ∈ [col, col+1] km, Y ∈ [row−1, row] km). 3. Pour chacune, le **palier source** le plus grossier suffisant est choisi parmi ceux que le pipeline produit déjà : vignette `index_thumbs` (≈3,9 m/px), vignette intermédiaire `_mid` (1,56 m/px), quadrants `index_subtiles` (2500 px, 4× moins à décoder que la dalle) puis la dalle. Les trois dossiers sont scannés **indépendamment** : un cache partiel — une machine légère ne rapatrie que quadrants et vignettes, jamais les dalles entières — reste entièrement exploitable. 4. La fenêtre utile est découpée puis reprojetée par **transformation projective** (`Image.transform(..., PERSPECTIVE)`), dalle par dalle : le calage mesuré est inférieur au pixel. 5. Le résultat est encodé (PNG ou WebP) et écrit dans `output/index_xyz/{couche}/{z}/{x}/{y}[@2x].{ext}`. Aucune dépendance GDAL/PDAL : **Pillow + pyproj** uniquement. ### Cache et péremption - Une tuile en cache est resservie tant qu'**aucune dalle contributrice n'est plus récente qu'elle** : régénérer une dalle n'invalide que ses tuiles. - Une tuile sans donnée est mémorisée par un marqueur `.empty` — jamais recalculée. - Les images sources décodées sont gardées dans un petit cache LRU : le décodage AVIF domine le coût, les tuiles voisines le réutilisent. - Côté navigateur, l'interface ajoute `?v=` (mtime la plus récente) et reçoit alors un cache immuable ; les clients OSM utilisent l'URL nue, servie en revalidation courte. ### Mesures (dalles réelles 0,2 m, bloc 3×3 km, conteneur sans GPU) | | premier rendu | depuis le cache | |---|---|---| | z10–z14 | 50–200 ms | 3–9 ms | | z16–z18 (résolution native) | 46–130 ms | 3–9 ms | Poids d'une tuile de pente à z17, mesuré sur la même tuile : | encodage | poids | fidélité | |---|---|---| | PNG RGBA (défaut) | 210 Ko | sans perte | | PNG palettisé (`LIDAR_TILE_PNG_PALETTE=1`) | 55 Ko | écart moyen 5,8 niveaux | | WebP q78 (`…/{y}.webp`) | 38 Ko | avec perte, visuellement propre | Le PNG canonique reste **sans perte** par défaut : ces rendus servent à l'interprétation, pas à l'illustration. Pour un usage en fond d'imagerie où le débit compte, deux leviers : demander l'URL `.webp` (les clients qui la supportent : QGIS, iD, MapLibre, uMap) ou activer `LIDAR_TILE_PNG_PALETTE=1`. Contrôles de calage effectués sur données réelles : un chemin OSM se superpose exactement à la trace visible dans la couche de pente, et l'écart de couture entre tuiles voisines reste **inférieur au bruit naturel du terrain** (écart mesuré 35–53 niveaux contre une médiane de 49–53 entre deux colonnes voisines prises au hasard dans la même tuile). ## Charge et petites machines Le service est borné à chaque étage, rien n'est illimité : | Étage | Défaut | Réglage | |---|---|---| | Rendus simultanés | 2 | `LIDAR_TILE_WORKERS` | | Téléchargements de dalles simultanés | 2 | `LIDAR_TILE_FETCH_WORKERS` | | Même tuile demandée en parallèle | 1 rendu, les autres attendent son résultat | — | | Mémoire des sources décodées | 192 Mo | `LIDAR_TILE_SOURCE_CACHE_MB` | Les requêtes en excès attendent le sémaphore **avant** tout décodage : elles ne consomment ni CPU ni mémoire. Un navigateur en HTTP/1.1 n'ouvre de toute façon que 6 connexions par origine, toutes couches confondues ; derrière un proxy HTTP/2 ce plafond disparaît et seuls ces réglages tiennent la charge. Le pré-chauffage (`/api/map/warm`) est séquentiel : il ne peut pas saturer la machine, seulement prendre du temps. Sur un Raspberry Pi 2 Go, `LIDAR_TILE_WORKERS=1` et `LIDAR_TILE_SOURCE_CACHE_MB=64` restent confortables. ## Cache seule + maintenance de fond (petit Raspberry Pi) Sur une machine qui ne doit jamais calculer au fil de la navigation (un Pi qui tient aussi d'autres services), deux variables inversent la charge : ```yaml environment: - LIDAR_TILE_CACHE_ONLY=1 # la navigation ne rend plus rien - LIDAR_TILE_BACKGROUND=1 # une tâche de fond entretient la pyramide ``` - **`LIDAR_TILE_CACHE_ONLY=1`** — une tuile absente ou périmée est servie transparente avec `X-Tile-Pending: 1` et `Cache-Control: no-store` (le navigateur la redemande : dès que la maintenance l'a rendue, elle apparaît). Plus aucun rendu, ni rapatriement amont, sur le chemin des requêtes. - **`LIDAR_TILE_BACKGROUND=1`** — un sondeur rescane les dalles à intervalle régulier (`LIDAR_TILE_BACKGROUND_INTERVAL`, 120 s) ; chaque dalle nouvelle ou régénérée (le worker vient de produire, le cache à la demande vient de rapatrier) met sa pyramide en file d'attente. Des rendeurs à basse priorité (`os.nice`) la vident au rythme d'une tuile par `LIDAR_TILE_BACKGROUND_PAUSE` seconde (1 s). Premier démarrage : TOUTES les dalles sont inconnues, la pyramide se reconstruit entière — les tuiles déjà fraîches ne coûtent qu'un `stat`. Les niveaux partent en file du plus petit zoom au plus grand : la carte se remplit d'abord grossièrement. | Variable | Défaut | Rôle | |---|---|---| | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_MAX_Z` | `16` | niveau maximal entretenu en fond (le natif 17–19 reste au pré-chauffage manuel) | | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_SCALE` | `2` | tuiles entretenues : 2 = 512 px (celles de l'interface) | | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_FMT` | `webp` | format des tuiles entretenues (celui de l'interface) | | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_PAUSE` | `1.0` | pause (s) entre deux rendus — le levier de la discrétion | | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_INTERVAL` | `120` | secondes entre deux scans des dalles | | `LIDAR_TILE_BACKGROUND_QUEUE_MAX` | `65536` | file d'attente bornée (au-delà : ignoré jusqu'au prochain scan) — une entrée ne coûte que quelques octets | Pilotage : `GET /api/map/background` (état, compteurs, file), `POST /api/map/background` (scan immédiat), `POST /api/map/warm` (pré-calcul manuel exhaustif, tous zooms/formats, cf. ci-dessous). Enfin, plafonner le conteneur lui-même (`mem_limit` + `memswap_limit` dans un override compose) garantit qu'un rendu déréglé ne peut plus emporter la machine : le tueur OOM ne toucherait que `lidar-maps`. ## Pré-chauffage ```bash curl -X POST http://localhost:8975/api/map/warm \ -H 'Content-Type: application/json' \ -d '{"layers": ["slope"], "z_min": 10, "z_max": 16}' curl http://localhost:8975/api/map/warm # avancement / compte rendu ``` Sans `bounds`, l'emprise des dalles disponibles est utilisée. Utile après un gros run pour que la première consultation soit instantanée. ## Deux machines Deux amonts complémentaires, selon ce que la machine locale possède. `LIDAR_SOURCE_URL` désigne la **webapp du pipeline** (port 8973) : l'inventaire des dalles vient de son `/api/tiles` et chaque image source est rapatriée au premier rendu qui en a besoin. Le conteneur carte démarre alors sans aucune donnée locale et sert tout le catalogue distant : ```bash docker run -d --name lidar-maps --network host \ -e LIDAR_SOURCE_URL=http://127.0.0.1:8973 \ -e LIDAR_OUTPUT_DIR=/data/output -e LIDAR_PORT=8975 \ -v "$PWD/output-maps:/data/output" --user "$(id -u):$(id -g)" lidar-maps ``` Mesuré sur 849 dalles réelles servies par un tunnel SSH : première tuile d'une zone 0,9–3,2 s (téléchargement d'un quadrant de 1,8 Mo compris), puis **~1 ms** depuis le cache local, qui ne garde que ce qui a été consulté. `LIDAR_MAPS_URL` désigne un serveur de tuiles amont (machine de traitement) : une tuile absente localement y est rapatriée (quelques dizaines de Ko) puis mise en cache — au lieu de rapatrier les dalles entières. Un disjoncteur suspend les tentatives 2 minutes après 3 échecs consécutifs : carte consultable même worker éteint. ## Variables d'environnement | Variable | Défaut | Rôle | |---|---|---| | `LIDAR_OUTPUT_DIR` | `/data/output` | dalles lues, cache `index_xyz/` écrit | | `LIDAR_PORT` | `8975` | port d'écoute | | `LIDAR_SOURCE_URL` | — | webapp du pipeline : inventaire + dalles rapatriées à la demande | | `LIDAR_SOURCE_TOKEN` | — | jeton si la webapp amont exige `LIDAR_API_TOKEN` | | `LIDAR_MAPS_URL` | — | serveur de tuiles amont (carte déportée) | | `LIDAR_ATTRIBUTION` | LiDAR HD © IGN | mention servie (TileJSON, WMTS, JOSM, carte) | | `LIDAR_TILE_PNG_PALETTE` | — | `1` : PNG palettisé (~4× plus léger, écart ~6 niveaux) | | `LIDAR_TILE_SOURCE_CACHE_MB` | `192` | budget mémoire du cache d'images sources décodées | | `LIDAR_TILE_WORKERS` | `2` | rendus de tuiles simultanés | | `LIDAR_TILE_FETCH_WORKERS` | `2` | téléchargements de dalles simultanés (mode `LIDAR_SOURCE_URL`) | | `LIDAR_SSL_CERTFILE` / `LIDAR_SSL_KEYFILE` | — | HTTPS direct (GPS sur téléphone) | ## Dépannage - **Carte vide, `layers: 0`** (`curl /healthz`) : aucun rendu dans `output/visualisations/`, ou dossier monté au mauvais endroit. - **Tuiles transparentes partout** : zoom hors plage (5–19) ou zone sans dalle ; l'en-tête `X-Tile-Empty` le confirme. - **Première consultation lente** : normal, chaque tuile est rendue une fois — pré-chauffer (ci-dessus). - **JOSM refuse l'URL** : utiliser le gabarit `{zoom}/{x}/{y}` (JOSM) et non `{z}/{x}/{y}` (Leaflet/QGIS). - **Couche absente du menu** : elle n'existe pas sur disque pour ces dalles — `/api/map/meta` liste ce qui est réellement disponible. ## Références - `lidar_pipeline/tiles.py` — grille, reprojection, cache, pré-chauffage. - `lidar_pipeline/mapserve.py` — routes tuiles/TileJSON/WMTS/JOSM et API carte. - `lidar_pipeline/mapui.py` — interface (Leaflet `L.tileLayer`, LOD natif). - `Dockerfile.maps`, `docker-compose.maps.yml`, `./run.sh --serve-maps`.